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Ulcères gastriques du cheval : ce que les signes comportementaux prédisent du résultat de la gastroscopie

Sur 80 chevaux de dressage explorés, les signes rapportés ne différaient pas entre chevaux avec et sans lésion gastrique. Ce que valent vraiment les symptômes.

Rédaction ForschungPferd Rédaction
Relecture scientifiquePoste non pourvu, signalé ouvertement.

12 min de lecture Dernière révision de fond Accès libre

Modèle 3D d'un estomac ouvert en coupe : muqueuse claire et finement quadrillée en haut, replis bleu-vert en bas, séparés par une ligne orange ondulée.

Résumé

Les signes comportementaux en disent moins sur l'estomac que leur réputation ne le laisse croire. Chez 80 chevaux de dressage, la fréquence des signes rapportés par le propriétaire ne différait pas entre chevaux avec et sans lésion à la gastroscopie, et leur disparition ne prédisait pas la cicatrisation de la muqueuse. Deux maladies distinctes se cachent sous un seul nom, la forme squameuse et la forme glandulaire. Seule la gastroscopie établit un constat.

20sources primaires
5 %dont niveau 1 à 2
1espèces étudiées
2006–2026années de publication

L'essentiel

  • La littérature spécialisée sépare depuis 2015 deux maladies réunies sous un seul nom : la forme squameuse de la partie supérieure de l'estomac dépourvue de glandes et la forme glandulaire de la muqueuse qui en possède.
  • Chez 80 chevaux de dressage adressés pour exploration, la fréquence des signes rapportés ne différait pas entre les 55 chevaux porteurs d'une lésion et les 25 qui n'en avaient pas.
  • Sur 37 chevaux présentés pour sensibilité à la sangle, 12 avaient une ulcération gastrique, 10 un problème orthopédique et 3 une selle mal adaptée.
  • La fréquence de fond est élevée : 53 pour cent chez 201 chevaux danois que leurs propriétaires tenaient pour sains, et 75 à 87 pour cent dans les groupes de comparaison non traités de sept essais randomisés.
  • Chez 52 chevaux examinés à la caméra, le type de signes était associé au siège de la lésion, non à sa sévérité.

Deux maladies, un seul nom

Qui cherche des informations sur les ulcères gastriques du cheval trouve le plus souvent une maladie unique assortie d'une longue liste de symptômes. La littérature spécialisée sépare deux entités depuis 2015. Le document de consensus de l'European College of Equine Internal Medicine distingue la maladie de la muqueuse squameuse, celle de la partie supérieure de l'estomac dépourvue de glandes, de la maladie de la muqueuse glandulaire, qui porte des glandes. Les deux diffèrent par leur genèse, leurs facteurs de risque et leur réponse à un traitement. Le terme générique qui les réunit est employé depuis 1999.

Cette séparation n'est pas une subtilité de spécialistes : elle commande l'interprétation de chaque signe pris isolément. Une revue de 2023 rappelle qu'une grande part des travaux consacrés à la forme glandulaire n'a vu le jour qu'après le document de consensus. Lire une liste de symptômes qui confond les deux formes, c'est donc lire une liste censée répondre à deux questions différentes en même temps.

Pourquoi l'observation extérieure ne suffit-elle pas ?

Parce que les deux muqueuses ne sont visibles chez le cheval vivant que par endoscopie. Le document de consensus désigne expressément la gastroscopie comme la seule méthode qui établisse un diagnostic. Tout ce qui vient avant reste une suspicion. La solidité de cette suspicion peut toutefois se mesurer, et c'est exactement ce qu'ont fait plusieurs équipes de recherche.

Le dénominateur que les listes de symptômes omettent

Un signe ne vaut jamais plus que la fréquence de la maladie qu'il est censé annoncer. Or cette fréquence est élevée. Dans une étude danoise portant sur 201 chevaux que leurs propriétaires tenaient pour sains et qui n'étaient pas à l'entraînement de course, plus de la moitié portait une lésion jugée notable : 53 pour cent. Un éditorial de 2025 rassemble, pour les chevaux de sport, des fréquences de 50 à 70 pour cent pour la forme squameuse et jusqu'à 75 pour cent pour la forme glandulaire.

Chez les chevaux à l'entraînement, c'est encore plus net. Dans une synthèse de sept essais randomisés totalisant 566 chevaux, les groupes de comparaison non traités présentaient une ulcération dans 75,3 et 87,2 pour cent des cas selon le sous-groupe. Trouver une lésion chez un cheval à l'entraînement relève donc de la normalité, et non de la découverte.

Le calcul inverse, pourtant intuitif, ne tient pas davantage. Dans une cohorte islandaise, 81 chevaux ont été examinés à la caméra dans les deux semaines suivant le passage du pâturage à l'écurie : 71,6 pour cent portaient déjà une lésion squameuse notable. Huit semaines plus tard, à l'entraînement et avec du fourrage conservé distribué plusieurs fois par jour, ils n'étaient plus que 25,4 pour cent. Les auteurs rapportent expressément cette différence à la distribution de fourrage et non au comportement des chevaux.

Ce que les signes rapportés prédisent réellement

La vérification la plus directe à ce jour date de 2025. En tout, 80 chevaux de dressage engagés en compétition ont été adressés par leur vétérinaire pour exploration et examinés à la caméra ; 55 portaient une lésion, 25 non. La comparaison a porté sur la fréquence à laquelle les propriétaires signalaient certains signes. Sur l'ensemble du groupe, les plus cités étaient la sensibilité à la sangle chez 78 pour cent, la baisse de performance chez 33 pour cent et la perte de poids chez 30 pour cent. La fréquence de ces signes ne différait pas entre les chevaux avec et sans lésion.

Le résultat a deux faces, et les deux comptent. Ni les signes rapportés ni un test de recherche de sang occulte dans les crottins n'ont atteint un taux de bonnes réponses suffisant pour opérer une présélection. Et chez les 19 chevaux réexaminés à la caméra après le traitement, la disparition des signes ne prédisait pas la cicatrisation de la muqueuse : la concordance entre ce que rapportaient les propriétaires et ce que montrait la caméra était faible.

S'agit-il d'un résultat nouveau ?

Non. Dès 2006, une étude suédoise portant sur 80 trotteurs à l'entraînement parvenait à la même conclusion : l'âge, le sexe, la performance, le comportement et les habitudes alimentaires ne fournissaient que de faibles indices sur les chevaux atteints. De toutes les caractéristiques examinées, seul le statut d'entraînement était nettement associé aux lésions squameuses.

Une étude transversale islandaise conduite en 2023 sur 211 chevaux de selle issus de 21 exploitations a examiné une liste plus large. Ni l'état corporel, ni le comportement au box et au paddock, ni l'intensité et la fréquence du travail, ni l'âge n'étaient nettement associés au score d'ulcération. Étaient associées en revanche des caractéristiques de détention : la région, le sexe, le temps passé au paddock et la part de glucides non structuraux dans la ration. Le même travail rapporte toutefois que les chevaux présentant les signes habituellement attribués à l'estomac montraient plus souvent une atteinte glandulaire notable et une atteinte squameuse sévère. Les signes ne sont donc pas sans valeur : ils sont faibles et peu spécifiques.

La sensibilité à la sangle : le cas d'école

Aucun signe n'est aussi solidement rattaché à l'estomac que la sensibilité au moment de sangler. Les chiffres qui se tiennent derrière sont dégrisants. Dans une série de cas américaine, 37 chevaux ont été présentés entre 2004 et 2016 pour sensibilité à la sangle. Chez 12 d'entre eux il s'agissait d'une ulcération gastrique, chez 10 d'un problème orthopédique de nature variable, chez 3 d'une selle mal adaptée, chez 1 d'une tumeur de l'appareil génital et chez 10 d'autres affections, parmi lesquelles un abcès hépatique, un anévrisme de la veine cave caudale, une douleur sternale et une infection urinaire. Cette énumération couvre 36 des 37 chevaux. Les autrices notent elles-mêmes que la cause exacte d'une sensibilité à la sangle reste difficile à établir.

Le sens inverse est tout aussi instructif. Dans les populations rassemblées par l'éditorial de 2025, 25 pour cent des chevaux porteurs d'une lésion squameuse et 31 pour cent de ceux porteurs d'une lésion glandulaire montraient une sensibilité à la sangle. Autrement dit : environ sept chevaux sur dix dont l'atteinte gastrique était établie ne réagissaient pas de manière remarquable au sanglage. Un signe absent chez la majorité des chevaux atteints et présent à une fréquence comparable chez les autres ne sépare pas les deux groupes.

Le siège de la lésion en dit plus que son étendue

Une étude de 2026 menée sur 52 chevaux examinés à la caméra a cherché quel type de signe accompagne quelle lésion. Le schéma était net : les signes physiques apparaissaient surtout en cas d'atteinte squameuse, les signes comportementaux et les tableaux mixtes surtout en cas d'atteinte glandulaire ou mixte. Ce qui ne s'est pas manifesté était tout aussi net : entre la sévérité des lésions et les signes cliniques, aucun lien n'existait. La discipline pratiquée par le cheval était elle aussi associée tant au type de signes qu'au siège de la lésion.

Ce travail décrit la répartition des signes chez des chevaux déjà diagnostiqués. Il n'y avait pas de groupe de comparaison indemne à la gastroscopie, donc aucune indication non plus sur la justesse d'un signe. Il s'agit d'un résultat isolé, à ce jour non répliqué, et les auteurs écrivent eux-mêmes que la relation entre le siège de la lésion et le tableau clinique reste mal définie.

Une étude portant sur 109 pur-sang répartis dans huit écuries d'entraînement en Grande-Bretagne et en Australie a elle aussi trouvé des schémas différents pour les deux formes, dont un qui contredit l'image répandue : les chevaux agressifs envers les personnes avaient plus rarement une lésion squameuse, et non plus souvent. Les chevaux présentant des stéréotypies l'avaient plus souvent. Un travail réparti sur cinq jours ou plus par semaine allait de pair avec un risque nettement accru de forme glandulaire, de même qu'une performance en course inférieure aux attentes. Les estimations sont imprécises, la direction l'est moins.

La contre-épreuve : ce que le comportement traduit aussi

Pour attribuer un signe à l'estomac, il faut savoir à quelle fréquence il possède d'autres explications. Sur ce point, les chiffres sont solides. Dans un échantillon de commodité de 60 chevaux de selle que leurs propriétaires estimaient sans plainte, 73 pour cent boitaient d'au moins un membre, le plus souvent discrètement. Le comportement sous la selle s'expliquait dans cette étude par deux grandeurs : la boiterie et le niveau technique de la personne qui montait.

La contre-épreuve la plus frappante vient de 150 chevaux explorés pour baisse de performance. Après suppression d'une source de douleur musculo-squelettique par anesthésie diagnostique, parfois accompagnée d'un changement de selle, le score comportemental sous la selle est passé d'une médiane de 9 à 2 sur 24 points possibles. Seuls 30,0 pour cent de ces chevaux boitaient de façon constante, et 37,3 pour cent portaient une selle jugée mal adaptée au point d'influer sur la performance. Aucun lien n'existait entre le score comportemental et le degré de boiterie. Ce travail n'a pas pratiqué de gastroscopie : il ne dit donc rien du nombre de ces chevaux qui portaient en outre une lésion gastrique.

Et même une fois la boiterie écartée, la liste reste longue. Chez 259 trotteurs non boiteux examinés pour baisse de performance, l'asthme équin et la maladie gastrique arrivaient en tête des diagnostics, devant l'hémorragie pulmonaire induite par l'effort, les rétrécissements dynamiques des voies respiratoires supérieures, les troubles du rythme cardiaque et les myopathies d'effort. L'éditorial de 2025 cite en outre une analyse où 84 pour cent de 275 chevaux de course adressés pour baisse de performance présentaient, après exploration complète, plus d'une cause possible.

L'étalon lui aussi a ses limites

La gastroscopie est l'étalon auquel tout le reste est comparé, et elle non plus n'est pas exempte d'erreur. Dans une étude, six personnes ont évalué 60 enregistrements vidéo anonymisés. Avec le système de notation ordinal du conseil EGUS, la concordance entre évaluateurs était substantielle pour les deux muqueuses, sans être complète, et un peu plus élevée chez une même personne à deux moments différents. Une échelle visuelle analogique s'est montrée nettement moins bonne, surtout pour la muqueuse glandulaire, et dépendait en outre de l'expérience de la personne qui évaluait.

Ce travail ne dit rien de l'exactitude de l'évaluation, seulement de sa reproductibilité, et il repose sur des enregistrements vidéo et non sur l'examen du cheval. Dans la pratique quotidienne, avec des qualités d'image et des préparations variables, la dispersion est vraisemblablement plus grande. Pour la question posée dans cet article, cela signifie que l'étalon auquel les signes comportementaux échouent n'est lui-même pas un étalon parfait.

La voie inverse, qui consiste à mesurer la douleur plutôt que la lésion, ne s'est pas non plus révélée un raccourci. Une échelle validée d'expression faciale n'a pas séparé, chez 61 chevaux, les animaux porteurs de lésions gastriques de ceux qui n'en avaient pas, et sa valeur n'augmentait pas avec la sévérité. Les auteurs n'en concluent expressément pas que les ulcères gastriques ne font pas mal : ils retiennent que cet instrument ne saisit pas cette douleur, et appellent à évaluer d'autres échelles. Les chevaux boiteux et ceux présentant une inflammation générale étaient exclus, c'est-à-dire précisément le groupe le plus fréquent en pratique.

Quand les signes persistent ou disparaissent

Une part de l'énigme se dissipe si l'on considère le comportement non comme un simple affichage, mais comme un acquis. Un commentaire clinique de 2025 décrit que des comportements problématiques persistent chez certains chevaux après une cicatrisation confirmée à la gastroscopie : sous la forme de réactions apprises et anticipatoires à une douleur autrefois éprouvée. À l'inverse, une partie des comportements cède après le traitement. Les deux réunis expliquent pourquoi la disparition d'un signe ne prouve pas une guérison, et sa persistance pas un échec.

Des travaux pointent dans l'autre direction, et ils font partie du tableau. Dans une étude clinique portant sur 63 chevaux de sport atteints d'une lésion glandulaire, la cicatrisation des lésions était associée à la disparition des signes cliniques ; la baisse de performance était dans les deux groupes le motif de présentation le plus fréquent, chez 65,1 pour cent au total. Les auteurs en concluent que la forme glandulaire produit bel et bien des signes cliniques. La réserve tient au montage : les données cliniques provenaient de questionnaires adressés à des propriétaires qui savaient quel traitement leur cheval avait reçu.

Un essai mené sur neuf chevaux de saut de la même écurie est tout aussi ambivalent. Après douze semaines de ration pauvre en amidon à la place d'une ration riche en sucres et en amidon, le score gastrique et le score comportemental sous la selle ont baissé ensemble, et les deux valeurs étaient étroitement liées. Les enregistrements ont été évalués en aveugle. Il n'y avait toutefois ni groupe de comparaison ni tirage au sort : douze semaines d'entraînement supplémentaires expliquent à elles seules une partie du changement. Et la baisse simultanée de deux valeurs ne dit rien de celle qui entraîne l'autre.

Ce qu'un signe isolé porte dans le corpus de sources, et ce qu'il ne porte pas

Tableau original

Pour chaque signe gastrique couramment cité, le tableau indique dans laquelle des études utilisées ici il a effectivement été mesuré, quel lien avec le constat gastroscopique y est rapporté, quelles autres explications sont documentées dans le même corpus et quelle conclusion, précisément, n'en découle pas.
SigneOù il a été mesuréLien rapporté avec le constatAutres explications documentées dans le corpusCe qui n'en découle pas
Sensibilité à la sangle80 chevaux de dressage ; 37 chevaux d'une série de cas ; populations rassemblées par un éditorialSignalée chez 78 pour cent de l'ensemble du groupe, sans différence entre chevaux avec et sans lésion ; présente chez 25 à 31 pour cent des chevaux dont l'atteinte est établieProblème orthopédique, selle mal adaptée, tumeur de l'appareil génital, abcès hépatique, douleur sternale, infection urinaireQue la sensibilité à la sangle désigne l'estomac
Baisse de performance80 chevaux de dressage ; 63 chevaux de sport avec lésion glandulaire ; 259 trotteurs non boiteux ; 109 pur-sangSignalée chez 33 pour cent du groupe de dressage, sans différence entre groupes ; motif de présentation le plus fréquent chez 65,1 pour cent des cas glandulairesAsthme équin, hémorragie pulmonaire induite par l'effort, rétrécissement dynamique des voies respiratoires supérieures, trouble du rythme cardiaque, myopathie d'effortQue la cause est trouvée dès qu'une lésion gastrique est présente
Perte de poids80 chevaux de dressageSignalée chez 30 pour cent de l'ensemble du groupe, sans différence entre chevaux avec et sans lésionNon confrontée à d'autres causes dans les travaux utilisés iciQue la perte de poids signale l'estomac
Agressivité envers les personnes109 pur-sang à l'entraînement de courseLien inverse : plus rare en cas de lésion squameuse, et non plus fréquentNon détaillées davantage dans le même jeu de donnéesQu'une agressivité fonde une suspicion gastrique
Stéréotypies comme le tic à l'appui ou le tic de l'ours109 pur-sang à l'entraînement de course ; 211 chevaux de selle islandaisChez les pur-sang, plus souvent associées à une lésion squameuse ; chez les chevaux islandais, le comportement au box et au paddock n'était pas associé au score d'ulcérationLa détention, l'alimentation et l'écurie d'entraînement elle-même ressortent comme facteurs à part entièreQu'une stéréotypie est causée par la lésion gastrique
Expression faciale au repos61 chevaux, sept évaluateursAucune différence entre chevaux avec et sans lésion, aucune hausse avec la sévéritéLes chevaux boiteux et ceux présentant une inflammation générale étaient exclusQue les ulcères gastriques ne font pas mal
Comportement sous la selle60 chevaux de selle réputés sans plainte ; 150 chevaux avec douleur musculo-squelettique ; 9 chevaux de sautChez les 9 chevaux de saut, le score comportemental a baissé en même temps que le score gastrique, sans groupe de comparaisonBoiterie et niveau technique de la personne qui monte ; le score est passé de 9 à 2 sur 24 après suppression de la douleur musculo-squelettiqueQu'un score comportemental élevé désigne l'estomac
Comportement au box et au paddock211 chevaux de selle islandais issus de 21 exploitationsNon associé de façon notable au score d'ulcérationRégion, sexe, temps au paddock, part de glucides non structuraux et changement de pâturage dans les quatre semainesQu'un comportement calme à l'écurie exclut une lésion

Limites et incertitudes

  • Sur cette question, il n'existe ni revue systématique ni essai randomisé. Parmi les travaux utilisés ici, un seul, une méta-analyse sur la prévention médicamenteuse, atteint le niveau revue systématique, méta-analyse ou essai randomisé, et il ne répond justement pas à la question de cet article. La consigne rédactionnelle d'appuyer au moins la moitié des sources sur ce niveau n'est pas tenable aujourd'hui dans ce domaine : le reste se compose d'études transversales, de cohortes, de cas-témoins et de séries de cas, d'un document de consensus et de deux textes d'opinion.
  • L'étude portant sur 80 chevaux de dressage concernait une population déjà sélectionnée, adressée pour exploration gastrique, et dans laquelle 69 pour cent portaient une lésion. Dans un effectif sans cette présélection, le taux de bonnes réponses d'un signe est différent. Les valeurs propres à chaque signe n'ont par ailleurs pas été publiées.
  • Plusieurs travaux clés proviennent des mêmes cercles d'auteurs : l'éditorial de 2025 et le commentaire clinique de 2025 partagent des auteurs, et aucun des deux n'apporte de données propres. Il ne s'agit donc pas de deux confirmations indépendantes l'une de l'autre.
  • Les populations se comparent mal entre elles : pur-sang à l'entraînement de course, chevaux de selle islandais à ration pauvre en amidon, chevaux de dressage de compétition, trotteurs. Aucune donnée propre aux chevaux de loisir suisses n'a pu être trouvée dans cette recherche.
  • Les travaux qui mesurent le comportement sous la selle et ceux qui pratiquent la gastroscopie ne sont presque jamais les mêmes. Là où l'estomac a été examiné, l'exploration orthopédique manquait le plus souvent, et là où l'exploration orthopédique a été menée, la gastroscopie manquait. La fréquence à laquelle les deux coexistent reste donc inconnue.
  • L'étude qui relie le type de signes au siège de la lésion porte sur 52 chevaux, ne dispose d'aucun groupe de comparaison sain et n'a pas été répliquée à ce jour.

Questions ouvertes

  • Quelle est la justesse d'un signe isolé dans une population non sélectionnée de chevaux de loisir, c'est-à-dire là où la fréquence de fond devrait être plus basse que dans les effectifs étudiés jusqu'ici ?
  • Le schéma selon lequel les signes physiques relèvent plutôt de la forme squameuse et les signes comportementaux plutôt de la forme glandulaire se laisse-t-il reproduire ?
  • À quelle fréquence lésion gastrique et douleur musculo-squelettique coexistent-elles chez le même cheval, lorsque les deux systèmes sont examinés au cours du même passage ?
  • Existe-t-il un instrument capable de saisir la douleur gastrique du cheval, après l'échec d'une échelle validée d'expression faciale ?

Questions fréquentes

Puis-je reconnaître des ulcères gastriques sans gastroscopie ?

De façon fiable, non. Dans l'étude portant sur 80 chevaux de dressage adressés pour exploration, la fréquence des signes rapportés par les propriétaires ne différait pas entre les chevaux avec et sans lésion, et un test de recherche de sang occulte dans les crottins n'apportait pas non plus de séparation utilisable. Dès 2006, un travail suédois sur 80 trotteurs retenait que l'âge, le sexe, la performance, le comportement et les habitudes alimentaires ne fournissent que de faibles indices. Le document de consensus de 2015 désigne la gastroscopie comme la seule méthode qui établisse un diagnostic. La pertinence d'un tel examen se décide au cabinet vétérinaire.

Mon cheval est sensible à la sangle. Cela signifie-t-il qu'il a des ulcères gastriques ?

Pas nécessairement. Dans une série de cas réunissant 37 chevaux présentés pour sensibilité à la sangle, 12 avaient une ulcération gastrique, 10 un problème orthopédique, 3 une selle mal adaptée, 1 une tumeur de l'appareil génital et 10 d'autres affections. À l'inverse, dans les chiffres d'un éditorial de 2025, seuls 25 à 31 pour cent des chevaux dont l'atteinte était établie montraient une sensibilité à la sangle. Le signe manque donc chez la majorité des chevaux atteints et possède en même temps beaucoup d'autres causes. Il justifie une exploration, mais ne fonde aucun diagnostic.

À quoi puis-je reconnaître s'il s'agit de la forme squameuse ou de la forme glandulaire ?

Aux signes seuls, à rien de sûr. Une étude de 2026 menée sur 52 chevaux examinés à la caméra a certes trouvé un schéma : signes physiques plutôt en cas d'atteinte squameuse, signes comportementaux plutôt en cas d'atteinte glandulaire ou mixte. Ce résultat provient toutefois d'un petit groupe sans chevaux de comparaison sains et n'a pas été répliqué à ce jour. Le même travail montre également autre chose : la sévérité des lésions n'était pas associée aux signes cliniques. Chez le cheval vivant, seule la gastroscopie montre quelle muqueuse est touchée.

Mon cheval se défend sous la selle. Où se trouve l'explication la plus fréquente ?

Les données suggèrent que l'estomac n'est ni le seul candidat ni régulièrement le premier. Chez 60 chevaux de selle que leurs propriétaires estimaient sans plainte, 73 pour cent boitaient discrètement, et le comportement sous la selle s'expliquait par la boiterie et le niveau technique de la personne qui montait. Chez 150 chevaux explorés pour baisse de performance, le score comportemental est passé d'une médiane de 9 à 2 sur 24 points après suppression d'une source de douleur musculo-squelettique. L'ordre dans lequel une exploration est menée relève du cabinet vétérinaire.

Les signes ont disparu après le traitement. Mon cheval est-il guéri ?

L'un ne découle pas de l'autre. Chez les 19 chevaux réexaminés à la caméra après le traitement, l'amélioration rapportée par les propriétaires concordait mal avec le résultat gastroscopique. Un commentaire clinique de 2025 décrit en outre que certains comportements persistent comme réaction apprise et anticipatoire, alors même que la lésion est cicatrisée. À l'inverse, une partie des comportements cède effectivement après un traitement. Des signes disparus ne prouvent donc pas une guérison, et des signes persistants ne prouvent pas un échec.

Une lésion a été trouvée. Explique-t-elle le comportement de mon cheval ?

Pas automatiquement. Chez 201 chevaux danois que leurs propriétaires tenaient pour sains, 53 pour cent portaient une lésion jugée notable, et dans les groupes de comparaison non traités de sept essais randomisés menés chez des chevaux à l'entraînement, ils étaient 75 à 87 pour cent. À cette fréquence, presque chaque gastroscopie trouve quelque chose. Un éditorial de 2025 met expressément en garde contre le passage d'une lésion trouvée à la cause du comportement. Dans une analyse citée, 84 pour cent de 275 chevaux de course adressés pour baisse de performance avaient plus d'une cause possible.

Sources

  1. Sykes BW, Hewetson M, Hepburn RJ, Luthersson N. European College of Equine Internal Medicine Consensus Statement--Equine Gastric Ulcer Syndrome in Adult Horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2015 (Recommandation professionnelle | Cheval)DOI 10.1111/jvim.13578
    Document de consensus qui sépare formellement deux entités réunies sous un seul nom, la maladie de la muqueuse squameuse et celle de la muqueuse glandulaire, et désigne la gastroscopie comme seule méthode permettant un diagnostic établi.
  2. Vokes J, Lovett A, Sykes B. Equine Gastric Ulcer Syndrome: An Update on Current Knowledge. Animals (Basel), 2023 (Autre | Cheval)DOI 10.3390/ani13071261
    Revue narrative sans données propres : le terme générique est employé depuis 1999, la séparation des deux formes a été formalisée en 2015, et une grande part des travaux sur la forme glandulaire n'est parue qu'ensuite.
  3. Luthersson N, Nielsen KH, Harris P, Parkin TDH. The prevalence and anatomical distribution of equine gastric ulceration syndrome (EGUS) in 201 horses in Denmark. Equine Veterinary Journal, 2009 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.2746/042516409x441910
    Chez 201 chevaux danois hors entraînement de course, estimés sains par leurs propriétaires, la fréquence d'une lésion jugée notable atteignait 53 pour cent, les lésions les plus sévères siégeant le plus souvent au margo plicatus.
  4. Mason LV, Moroney JR, Mason RJ. Prophylactic therapy with omeprazole for prevention of equine gastric ulcer syndrome (EGUS) in horses in active training: A meta-analysis. Equine Veterinary Journal, 2019 (Méta-analyse | Cheval)DOI 10.1111/evj.12951
    Synthèse de sept essais randomisés totalisant 566 chevaux sur la prévention médicamenteuse : dans les groupes de comparaison non traités, la fréquence d'une ulcération atteignait 75,3 et 87,2 pour cent selon le sous-groupe ; les signes cliniques n'ont pas été relevés.
  5. Luthersson N, Ýr Þorgrímsdóttir Ú, Harris PA, Parkins T. Effect of moving from being extensively managed out in pasture into training on the incidence of equine gastric ulcer syndrome in Icelandic horses. Journal of the American Veterinary Medical Association, 2022 (Étude de cohorte | Cheval)DOI 10.2460/javma.22.06.0263
    Chez 81 chevaux islandais arrivant directement du pâturage, la fréquence d'une lésion squameuse notable atteignait 71,6 pour cent et est descendue à 25,4 pour cent après huit semaines d'entraînement avec du fourrage conservé distribué régulièrement ; les auteurs rapportent ce résultat à la distribution de fourrage.
  6. Sykes B, Lovett A. Can All Behavioral Problems Be Blamed on Equine Gastric Ulcer Syndrome?. Animals (Basel), 2025 (Autre | Cheval)DOI 10.3390/ani15030306
    Éditorial sans données propres : il ne conteste pas que les lésions gastriques font mal, mais met en garde contre le passage automatique du comportement à l'estomac, en avançant notamment que 25 et 31 pour cent respectivement des chevaux porteurs d'une lésion squameuse ou glandulaire étaient sensibles à la sangle, et que 84 pour cent de 275 chevaux de course adressés pour baisse de performance présentaient plus d'une cause possible.
  7. Frippiat T, Bonhomme M, Dyson S, Votion DM. Evaluation of Owner-Reported Clinical Signs and Fecal Occult Blood Tests as Predictors of Equine Gastric Ulcer Syndrome in Competition Dressage Horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2025 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.1111/jvim.70248
    Chez 80 chevaux de dressage de compétition adressés pour exploration, dont 55 portaient une lésion, la fréquence des signes rapportés par le propriétaire ne différait pas entre les cas et les chevaux de comparaison indemnes à la gastroscopie, et chez les 19 chevaux recontrôlés, la disparition des signes ne prédisait pas la cicatrisation de la muqueuse.
  8. Jonsson H, Egenvall A. Prevalence of gastric ulceration in Swedish Standardbreds in race training. Equine Veterinary Journal, 2006 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.2746/042516406776866390
    Chez 80 trotteurs suédois à l'entraînement, l'âge, le sexe, la performance, le comportement et les habitudes alimentaires ne fournissaient que de faibles indices sur les chevaux atteints ; parmi les caractéristiques examinées, seul le statut d'entraînement était nettement associé aux lésions squameuses.
  9. Luthersson N, Þorgrímsdóttir ÚÝ, Harris PA, Parkin T. Risk Factors for Equine Gastric Ulcer Syndrome Incidence in Adult Icelandic Riding Horses. Animals (Basel), 2023 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.3390/ani13223512
    Chez 211 chevaux de selle islandais issus de 21 exploitations, l'état corporel, le comportement au box et au paddock, l'intensité du travail et l'âge n'étaient pas nettement associés au score d'ulcération, contrairement à des caractéristiques de détention ; les chevaux présentant les signes habituellement attribués à l'estomac montraient toutefois plus souvent une atteinte glandulaire notable et une atteinte squameuse sévère.
  10. Millares-Ramirez EM, Le Jeune SS. Girthiness: Retrospective Study of 37 Horses (2004-2016). Journal of Equine Veterinary Science, 2019 (Série de cas | Cheval)DOI 10.1016/j.jevs.2019.05.025
    Sur 37 chevaux présentés pour sensibilité à la sangle, 12 avaient une ulcération gastrique, 10 un problème orthopédique, 3 une selle mal adaptée, 1 une tumeur de l'appareil génital et 10 d'autres affections ; les autrices retiennent que la cause exacte d'une sensibilité à la sangle reste difficile à établir.
  11. Pimenta J, Martins B, Mexedo A, Campilho R. Physical vs. Behavioral Clinical Signs in Horses with Squamous and Glandular Gastric Ulcers. Veterinary Sciences, 2026 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.3390/vetsci13040328
    Chez 52 chevaux examinés à la gastroscopie, le type de signes cliniques était associé au siège de la lésion, les signes physiques plutôt à une atteinte squameuse, les signes comportementaux et les tableaux mixtes plutôt à une atteinte glandulaire ou mixte, tandis qu'aucun lien n'existait entre la sévérité des lésions et les signes cliniques.
  12. Sykes BW, Bowen M, Habershon-Butcher JL, Green M. Management factors and clinical implications of glandular and squamous gastric disease in horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2019 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.1111/jvim.15350
    Chez 109 pur-sang issus de huit écuries d'entraînement, les facteurs de gestion et les signes cliniques différaient entre les deux formes : l'agressivité envers les personnes était associée en sens inverse à la lésion squameuse, les stéréotypies plus souvent avec elle, et un travail sur cinq jours ou plus par semaine ainsi qu'une performance inférieure aux attentes allaient de pair avec la forme glandulaire.
  13. Dyson S, Pollard D. Application of a Ridden Horse Pain Ethogram and Its Relationship with Gait in a Convenience Sample of 60 Riding Horses. Animals (Basel), 2020 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.3390/ani10061044
    Chez 60 chevaux de selle que leurs propriétaires estimaient sans plainte, 73 pour cent boitaient d'au moins un membre, et le score comportemental sous la selle s'expliquait par la boiterie et le niveau technique de la personne qui montait ; aucun de ces chevaux n'a été examiné à la gastroscopie.
  14. Dyson S, Pollard D. Application of the Ridden Horse Pain Ethogram to 150 Horses with Musculoskeletal Pain before and after Diagnostic Anaesthesia. Animals (Basel), 2023 (Étude de cohorte | Cheval)DOI 10.3390/ani13121940
    Chez 150 chevaux examinés pour baisse de performance, le score comportemental sous la selle est passé d'une médiane de 9 à 2 sur 24 points après suppression d'une source de douleur musculo-squelettique, parfois avec changement de selle, sans lien entre score comportemental et degré de boiterie.
  15. Lo Feudo CM, Stucchi L, Conturba B, Stancari G. Medical causes of poor performance and their associations with fitness in Standardbred racehorses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2023 (Étude de cohorte | Cheval)DOI 10.1111/jvim.16734
    Chez 259 trotteurs non boiteux présentant une baisse de performance, l'asthme équin modéré et la maladie gastrique étaient les diagnostics les plus fréquents, devant l'hémorragie pulmonaire induite par l'effort, les rétrécissements dynamiques des voies respiratoires supérieures, les troubles du rythme cardiaque et les myopathies d'effort.
  16. Wise JC, Wilkes EJA, Raidal SL, Xie G. Interobserver and intraobserver reliability for 2 grading systems for gastric ulcer syndrome in horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2021 (Autre | Cheval)DOI 10.1111/jvim.15987
    Lors de l'évaluation de 60 vidéos de gastroscopie anonymisées par six personnes, la concordance avec le système ordinal du conseil EGUS était substantielle et largement indépendante du niveau d'expérience, tandis qu'une échelle visuelle analogique se montrait nettement moins bonne, surtout pour la muqueuse glandulaire.
  17. Ferlini Agne G, May BE, Lovett A, Simon O. Horse Grimace Scale Does Not Detect Pain in Horses with Equine Gastric Ulcer Syndrome. Animals (Basel), 2023 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.3390/ani13101623
    Une échelle validée d'expression faciale n'a pas séparé, chez 61 chevaux, les animaux porteurs de lésions gastriques de ceux qui n'en avaient pas et n'augmentait pas avec la sévérité ; les auteurs n'en concluent pas que les lésions gastriques sont indolores, mais que cet instrument ne saisit pas cette douleur.
  18. Klinck M, Lovett A, Sykes B. Incorporating a Behavioral Medicine Approach in the Multi-Modal Management of Chronic Equine Gastric Ulcer Syndrome (EGUS): A Clinical Commentary. Animals (Basel), 2025 (Autre | Cheval)DOI 10.3390/ani15203019
    Commentaire clinique sans données propres : il décrit que des comportements problématiques peuvent persister chez certains chevaux comme réactions douloureuses apprises et anticipatoires après une cicatrisation confirmée à la gastroscopie, tandis qu'une autre partie cède après le traitement.
  19. Varley G, Bowen IM, Habershon-Butcher JL, Nicholls V. Misoprostol is superior to combined omeprazole-sucralfate for the treatment of equine gastric glandular disease. Equine Veterinary Journal, 2019 (Essai contrôlé | Cheval)DOI 10.1111/evj.13087
    Chez 63 chevaux de sport porteurs d'une lésion glandulaire, la cicatrisation des lésions était associée à la disparition des signes cliniques, et la baisse de performance était, avec 65,1 pour cent au total, le motif de présentation le plus fréquent ; les données cliniques provenaient toutefois de propriétaires qui connaissaient le traitement reçu.
  20. Pineau V, Ter Woort F, Julien F, Vernant M. Improvement of gastric disease and ridden horse pain ethogram scores with diet adaptation in sport horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2024 (Étude de cohorte | Cheval)DOI 10.1111/jvim.17223
    Chez neuf chevaux de saut de la même écurie, le score gastrique et le score comportemental sous la selle ont baissé ensemble après douze semaines de ration pauvre en amidon et étaient fortement corrélés, mais sans groupe de comparaison et sans tirage au sort, de sorte que le sens du lien reste ouvert.

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