Eau fécale chez le cheval : quelles causes ont été étudiées et lesquelles ne se sont pas confirmées
Cinq études cas-témoins ont cherché une flore perturbée dans l'eau fécale, quatre n'en ont pas trouvé : ce qui est établi et ce qui n'a jamais été mesuré.
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Résumé
L'eau fécale n'est pas un tableau clinique autonome, mais une observation : les crottins sont émis en deux phases, l'une liquide, l'autre formée. Aucune cause n'est établie à ce jour. Cinq études cas-témoins portant sur 259 chevaux ont examiné une flore intestinale modifiée, quatre n'ont trouvé aucune différence avec les compagnons d'écurie indemnes. L'alimentation, la chimie des crottins et la longueur des fibres n'ont pas non plus séparé de façon fiable les chevaux atteints des chevaux de comparaison.
20sources primaires
20 %dont niveau 1 à 2
1espèces étudiées
2005–2025années de publication
L'essentiel
Dans une enquête téléphonique portant sur 1'861 chevaux demi-sang suisses âgés de six à seize ans, 9 pour cent des détenteurs ont mentionné l'eau fécale, derrière les boiteries à 34 et les coliques à 22 pour cent.
Cinq études cas-témoins ont comparé la flore fécale de 122 chevaux atteints à celle de 137 chevaux indemnes : quatre n'ont trouvé aucune différence notable, une en a trouvé une, dont les auteurs qualifient eux-mêmes les tailles d'effet de modestes.
Dans 50 paires appariées par exploitation, les chevaux atteints recevaient autant d'ensilage préfané, mais deux fois plus d'aliment concentré par 100 kilogrammes de masse corporelle ; les auteurs qualifient eux-mêmes ces écarts de faibles.
Les acides gras à chaîne courte, le pH et l'osmolalité des crottins étaient comparables entre les groupes, et dans la sous-étude allemande de 32 paires, aucune des grandeurs mesurées ne différait.
Après un transfert de flore intestinale chez dix chevaux atteints, la sévérité était moindre jusqu'au 168e jour, sans que leur flore fécale se modifie, et sans groupe de comparaison.
Ce qu'est l'eau fécale, et à quelle fréquence elle est citée
L'eau fécale n'est pas un tableau clinique autonome, mais une observation : le cheval émet ses crottins en deux phases, l'une sombre et liquide, l'autre formée. Le liquide sort avant, pendant ou après l'émission, colle queue et arrière-main et irrite la peau. À la différence de la diarrhée, les crottins restent formés. L'étude américaine de 2025 a d'ailleurs exclu les chevaux à crottins durablement mous.
La fréquence a été relevée une fois en Suisse. Dans une enquête téléphonique sur 1'861 chevaux demi-sang suisses de six à seize ans, 9 pour cent des détenteurs ont mentionné l'eau fécale, contre 34 pour cent pour la boiterie, 22 pour la colique et 13 pour les problèmes de dos. Ces chiffres viennent du souvenir des détenteurs, sans confirmation vétérinaire ni définition de cas établie : un ordre de grandeur, pas une prévalence mesurée.
Certaines races ou certains modes de détention sont-ils touchés ?
Dans une enquête en ligne sur 339 chevaux atteints, races, âges, disciplines, robes, systèmes de détention et stratégies d'alimentation se répartissaient sur toutes les catégories relevées. Les auteurs en concluent que l'alimentation peut jouer un rôle, mais que sa répartition n'explique pas à elle seule la survenue. Ces données ne livrent aucun profil de risque applicable à un cheval.
L'hypothèse du microbiote : cinq travaux, une contradiction
L'explication courante veut que la flore intestinale des chevaux atteints soit déséquilibrée. Elle a été mise à l'épreuve cinq fois, en Europe et en Amérique du Nord, chaque fois face à des chevaux indemnes de la même exploitation : 122 atteints contre 137 témoins. Quatre n'ont trouvé aucune différence notable de composition de la flore fécale. Un en a trouvé une, et ses auteurs qualifient eux-mêmes les tailles d'effet de modestes.
Le travail suisse a comparé 16 chevaux atteints à 15 chevaux de la même écurie, prélevés au printemps et en automne de la même année. Ni la saison ni l'état de santé ne modifiaient la composition de la communauté, à aucun niveau taxonomique, et la diversité était identique. Le rôle du microbiote dans l'apparition du trouble, écrivent les auteurs, reste à élucider.
Le travail le plus vaste vient de Suède et de Norvège : 50 chevaux atteints, 50 témoins appariés par exploitation, trois périodes de prélèvement de l'automne à la fin de l'hiver. La composition d'ensemble était comparable entre les groupes ; le moment du prélèvement pesait nettement. 14 genres différaient en abondance sur au moins une période, Alloprevotella plus souvent et Bacillus plus rarement chez les atteints. Tous les chevaux étaient négatifs en culture pour Clostridioides difficile et Clostridium perfringens.
Deux autres travaux, dix contre dix chevaux et 14 contre 11, n'ont pas non plus trouvé de différence. Le second relève explicitement que les travaux européens antérieurs se contredisaient. L'étude américaine, 32 chevaux atteints contre 51 indemnes, est la première à voir une structure de communauté différente et plusieurs groupes d'abondance différente, Alloprevotella à nouveau parmi eux. Les auteurs réclament eux-mêmes des effectifs plus importants.
Les cinq études cas-témoins du microbiote fécal publiées à ce jour dans l'eau fécale, dans l'ordre de leur parution.
Étude
Atteints contre comparaison
Prélèvements
Résultat
Suisse, 2020
16 contre 15
Printemps et automne de la même année
Aucune différence de composition ni de diversité
Suède et Norvège, 2021
50 contre 50
Trois périodes de l'automne à la fin de l'hiver
Composition d'ensemble comparable, effet marqué du moment
Travail avec volet transplantation, 2021
10 contre 10
Chevaux de comparaison du même site
Aucune différence de composition
Canada, 2024
14 contre 11
Une seule fois, en automne
Aucune différence ; les auteurs relèvent la contradiction des travaux antérieurs
États-Unis, 2025
32 contre 51
Une seule fois, définition de cas confirmée par un vétérinaire
Structure de la communauté différente, tailles d'effet modestes selon les auteurs
Alimentation et détention : de petits écarts, aucune cause
La deuxième hypothèse porte sur la ration. Une étude cas-témoins sur 50 paires appariées par exploitation, en Suède et en Norvège, a comparé alimentation et détention. La quantité moyenne d'ensilage préfané et les pratiques de détention étaient les mêmes dans les deux groupes. Les chevaux atteints recevaient en revanche deux fois plus d'aliment concentré par 100 kilogrammes de masse corporelle et par jour, plus d'amidon et de glucides hydrosolubles, mais moins de protéine brute digestible, de fibres, de paille et de luzerne.
Les auteurs qualifient eux-mêmes ces écarts de faibles : des pistes d'étude, non des causes. Deux raisons à cette réserve. Les rations ont été déclarées par les détenteurs, non pesées. Et l'ordre des choses reste ouvert : qui essuie de l'eau fécale depuis des mois modifie l'alimentation, ce qui peut tout aussi bien avoir produit l'écart observé.
Le passage de l'ensilage préfané au foin aide-t-il ?
Dans l'enquête sur 339 chevaux, 58 pour cent des détenteurs ont rapporté moins de signes après le passage de l'ensilage préfané au foin, et 46 pour cent après la mise à l'herbe. Le troisième chiffre étonne : 17 pour cent ont vu une amélioration après un simple changement de lot du même fourrage. Ces trois indications sont des impressions, sans groupe de comparaison.
Une série de cas de 2022 décrit un cheval dont l'eau fécale s'est améliorée après un changement de foin. Les mêmes auteurs relèvent dans le même texte que la cause du syndrome demeure inconnue. Un cas sans comparaison reste un cas sans comparaison.
Ce qui a été mesuré dans les crottins eux-mêmes
Quand du liquide quitte le crottin, autant examiner celui-ci. C'est ce qu'ont fait deux sous-études : 50 paires en Scandinavie à trois moments, 32 paires en Allemagne une seule fois. La quantité totale d'acides gras à chaîne courte, le pH et l'osmolalité étaient comparables entre chevaux atteints et chevaux indemnes. Les auteurs y lisent l'indice d'une fermentation semblable.
Des différences ne sont apparues que dans la sous-étude scandinave, et seulement deux : moins d'acide lactique et une capacité de rétention d'eau plus faible des crottins chez les atteints. Dans la sous-étude allemande de 32 paires, aucune grandeur examinée ne différait. La distribution de la taille des particules était identique dans les deux sous-études, ce qui ôte son fondement à l'idée répandue de fibres trop grossières et non liées.
Qu'une autre composition en fibres du fourrage déplace effectivement la répartition de l'eau a été montré chez six trotteurs français. Avec un fourrage récolté tôt, les crottins liaient 12,6 grammes d'eau par gramme de matière sèche, contre 11,1 et 11,4 avec les coupes plus tardives. Par les crottins, 13,1 kilogrammes d'eau quittaient le corps au lieu de 18,8 et 17,6, et par l'urine 10,5 au lieu de 7,6 et 7,9. L'ingestion et l'excrétion totale restaient inchangées.
Les tentatives de traitement et ce qu'elles révèlent de la cause
Une cause supposée se vérifie en la supprimant et en observant ce qui suit. Dans l'eau fécale, l'exercice a été tenté plusieurs fois, et chaque fois le résultat déjoue l'attente.
Une préparation de montmorillonite et de bentonite, de petit-lait et d'extraits de houblon et d'absinthe a été testée sur huit chevaux dans un essai croisé complet, chaque animal étant son propre témoin. Aucun des douze paramètres fécaux mesurés n'a bougé, du score des crottins au pH et aux acides gras volatils. Les auteurs signalent que ces chevaux étaient sains et réclament des essais sur des animaux atteints.
Chez dix chevaux atteints, la flore intestinale d'un donneur a été transférée. La sévérité, évaluée par le vétérinaire, était moindre au 14e jour et l'est restée jusqu'au 168e, sans que la flore fécale des receveurs se modifie. Ni groupe de comparaison, ni insu, et une échelle de 0 à 4 construite pour cette seule étude. Une amélioration sans comparaison reste compatible avec les fluctuations naturelles du symptôme ; les auteurs réclament donc des études contrôlées.
Sur le transfert de flore intestinale chez le cheval, une revue systématique de 2023 conclut de même : sept travaux, effectifs réduits, le plus souvent sans groupe témoin, aucune indication solide sur le choix du donneur, la quantité et le protocole. Dans un essai randomisé sur 25 poulains diarrhéiques, ni la survie ni la disparition de la diarrhée ne différaient entre les groupes. Or des poulains diarrhéiques ne sont pas des chevaux adultes avec de l'eau fécale.
Aucune étude contrôlée n'a testé les probiotiques dans l'eau fécale. Une revue de 2018 relève qu'un bénéfice général n'est pour l'heure pas étayé chez le cheval, que les études bien construites sont rares et contradictoires, et que les étiquettes des produits en vente libre reflètent souvent mal leur contenu. Dans un essai de terrain randomisé sur 38 poulains nouveau-nés, une préparation multisouche n'a même pas augmenté la part des lactobacilles dans les crottins.
Un dernier constat renverse toute une explication. L'amélioration de la consistance des crottins sous clioquinol a longtemps été attribuée à une action contre des protozoaires. Un travail sur huit chevaux sains a montré au contraire une large action antibactérienne : au cinquième jour, un recul de 90 pour cent de la diversité des espèces, l'expansion de familles anaérobies facultatives et des salmonelles dans les crottins de plusieurs animaux. Les auteurs appellent à la retenue.
Pourquoi les résultats divergent
Pourquoi cinq travaux sur la même question aboutissent-ils à des réponses différentes ? D'abord la définition de cas. Dans le travail suédois, les détenteurs classaient selon un modèle imposé, puis une personne indépendante vérifiait, sans écart notable. Dans le travail américain, une supervision vétérinaire confirmait le caractère biphasique. La publication canadienne ne cite aucun critère.
Ensuite la taille. Le plus vaste travail sur le microbiote porte sur 100 chevaux, le plus petit sur 20. Qu'une telle étude ne trouve pas de différence ne signifie pas qu'il n'y en a pas, mais qu'aucune n'est devenue visible à cet ordre de grandeur. Les petits écarts restent sous le seuil de détection.
Ensuite le lieu de mesure. Seuls les crottins sont examinés, c'est-à-dire le produit final. Ce qui se passe dans le caecum et le côlon antérieur, là où la fibre est fermentée et où de grandes quantités d'eau sont déplacées, reste inobservé dans tous les travaux publiés.
Enfin, une raison conceptuelle. Une revue de 2024 relève que la variation du microbiote fécal, chez un même cheval comme entre chevaux, est si grande qu'aucune définition claire de la dysbiose n'a pu être établie à ce jour chez le cheval, et qu'aucune maladie n'a montré de lien causal univoque avec une dysbiose. Sans étalon, aucun écart ne se constate.
Saison, changement de fourrage et la question de l'ordre des choses
La demande d'explications augmente en automne, quand le fourrage de base change. Aucun travail n'a mesuré si l'eau fécale survient alors plus souvent. Autre chose a été mesuré : dans le travail suédois, la flore fécale de tous les chevaux se modifiait nettement entre octobre, la fin de l'année et la fin de l'hiver, chez les atteints comme chez les indemnes. Le moment du prélèvement pesait plus lourd que l'état de santé.
Dans le travail suisse, en revanche, printemps et automne ne différaient pas. Ces deux résultats invitent à la prudence devant tout instantané : qui prélève chevaux atteints et chevaux sains à des moments différents mesure finalement la saison.
S'y ajoute la question de l'ordre des choses. Tous les travaux disponibles sont des études cas-témoins : ils comparent deux groupes à un instant donné, sans pouvoir dire si un écart a précédé le symptôme ou l'a suivi. Pour un symptôme qui va et vient et pousse régulièrement à changer ration et détention, ce n'est pas une question secondaire, c'est la question.
Si aucune cause n'est établie, qu'est-ce que cela signifie pour moi ?
Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de cause, ni qu'il n'y a rien à faire. Cela signifie qu'aucun produit et aucun schéma d'alimentation n'a montré son effet chez des chevaux atteints. Une eau fécale persistante, une peau à vif, une perte de poids ou des signes de colique relèvent de l'examen vétérinaire, non d'un plan d'essai trouvé sur internet.
Ce que cette recherche n'a pas mesuré du tout
Aussi instructive que les contradictions : la liste des explications sur lesquelles on ne trouve rien. Pour l'état dentaire, le rang dans le groupe, la charge psychique, le plan de vermifugation et le volume d'exercice, cette recherche n'a trouvé aucune étude chez des chevaux avec de l'eau fécale. Ces explications ne sont pas réfutées. Elles n'ont pas été examinées.
Pour le sable, le cas est plus subtil. Le soupçon a été étudié, mais sur le mauvais collectif : un travail de 2024 a comparé 74 chevaux coliqueux à 74 témoins et trouvé matière sèche, taille des particules et score de sable comparables entre les groupes. Cela dit quelque chose du test au sable dans la colique. Sur l'eau fécale, rien, parce que la même question n'a jamais été posée chez des chevaux atteints.
Et il manque le plus évident. Aucun essai randomisé et contrôlé d'un changement d'alimentation ou de détention chez des chevaux atteints. Aucun suivi des mêmes animaux sur une année entière avec un relevé homogène. C'est là le véritable constat de ce champ, et il explique la divergence des conseils : là où rien n'a été mesuré, l'expérience comble le vide, et elle se contredit.
Banc d'essai des hypothèses causales de l'eau fécale
Tableau original
Pour chaque explication qui revient régulièrement dans les conseils sur l'eau fécale, le devis d'étude méthodologiquement le plus solide trouvé dans cette recherche a été reporté, avec la question de savoir si la mesure a seulement porté sur des chevaux atteints, le résultat rapporté et, dans la dernière colonne, la conclusion qui justement n'en découle pas.
Hypothèse
Devis le plus solide trouvé
Testé chez des chevaux atteints
Résultat
Ce qui n'en découle pas
Flore intestinale perturbée
Cinq études cas-témoins, 122 chevaux atteints et 137 chevaux de comparaison
Oui
Quatre sans différence, une avec une petite différence de structure de la communauté
Qu'une dysbiose soit exclue : les effectifs sont trop faibles pour cela
Trop d'aliment concentré et d'amidon
Étude cas-témoins sur 50 paires, rations déclarées par les détenteurs
Oui
Quantité double d'aliment concentré par 100 kilogrammes chez les atteints, jugée faible par les auteurs eux-mêmes
Que moins d'aliment concentré diminue l'eau fécale
Ensilage préfané au lieu de foin
Enquête en ligne sur 339 chevaux, sans groupe de comparaison
Oui
58 pour cent des détenteurs rapportent moins de signes après le passage au foin
Que le mode de conservation soit la cause : un simple changement de lot a aussi apporté des améliorations
Fibres trop grossières qui ne lient pas l'eau
Étude cas-témoins avec mesure des particules, 50 et 32 paires
Oui
Distribution de la taille des particules comparable dans les deux sous-études, rétention d'eau plus faible dans une seule
Que la longueur des fibres du fourrage explique le symptôme
Fermentation du gros intestin déréglée
Analyse chimique des fèces, 50 et 32 paires
Oui
Acides gras à chaîne courte, pH et osmolalité comparables entre les groupes
Que la fermentation soit sans particularité : la mesure a porté sur les crottins, pas sur le gros intestin
Clostridies comme déclencheur
Examen par culture au sein de l'étude cas-témoins sur 50 paires
Oui
Tous les chevaux négatifs pour Clostridioides difficile et Clostridium perfringens
Que les agents infectieux ne jouent aucun rôle : seuls ces deux-là ont été recherchés
Protozoaires dans le gros intestin
Étude de l'effet du clioquinol chez huit chevaux sains
Non
La substance agit largement contre les bactéries au lieu de viser les protozoaires
Que les protozoaires ne jouent aucun rôle : la question n'a jamais été posée chez des chevaux atteints
Sable dans le gros intestin
Étude cas-témoins sur 74 chevaux coliqueux et 74 chevaux de comparaison
Non, chez des chevaux coliqueux
Matière sèche, taille des particules et score de sable comparables entre les groupes
Quoi que ce soit sur l'eau fécale : le collectif examiné était un autre
Argiles comme remède
Essai croisé complet chez huit chevaux sains
Non
Aucun effet sur un seul des douze paramètres fécaux mesurés
Que le produit soit inefficace chez des chevaux atteints : ils n'en étaient pas
Que le transfert agisse : sans groupe de comparaison, l'amélioration n'est pas attribuable
Dents, rang social, stress, vermifugation
Aucune étude chez des chevaux avec de l'eau fécale trouvée dans cette recherche
Non
Aucun résultat, faute de mesure
Que ces explications soient réfutées : elles n'ont pas été examinées
Limites et incertitudes
Sur l'eau fécale, il n'existe ni revue systématique ni essai randomisé et contrôlé chez des chevaux atteints. La consigne rédactionnelle d'appuyer au moins la moitié des sources au niveau revue systématique, méta-analyse ou essai randomisé n'est pas tenable dans ce champ : seuls quatre des travaux utilisés ici atteignent ce niveau, et aucun d'eux n'étudie l'eau fécale.
La définition de cas n'est pas standardisée entre les équipes. Une fois les détenteurs classent selon un modèle, une fois une supervision vétérinaire confirme le caractère biphasique, une fois la publication ne cite aucun critère. Qui sélectionne autrement compare d'autres chevaux.
Tous les travaux mesurent exclusivement sur les crottins. Le caecum et le côlon antérieur, là où la fibre est fermentée et où de grandes quantités d'eau sont déplacées, n'ont à ce jour été examinés chez aucun cheval atteint.
Les effectifs se situent entre 20 et 100 chevaux. Une différence absente dans un groupe de cette taille n'exclut pas une petite différence, et une différence trouvée chez si peu d'animaux peut reposer sur quelques valeurs isolées.
Le chiffre de fréquence suisse de 9 pour cent repose sur des déclarations téléphoniques des détenteurs, sans confirmation vétérinaire, limitées à une race et à des chevaux âgés de six à seize ans. Il n'est pas transposable à tous les chevaux suisses.
Le devis cas-témoins de tous les travaux disponibles n'indique aucune direction. Savoir si un écart trouvé a précédé le symptôme ou s'il en est la conséquence, entre autres d'une ration modifiée par le détenteur, ne peut pas être tranché ainsi.
Questions ouvertes
La plus faible capacité de rétention d'eau des crottins précède-t-elle le symptôme, ou en est-elle la conséquence ?
Que se passe-t-il dans le caecum et dans le côlon antérieur des chevaux atteints, là où personne n'a mesuré jusqu'ici ?
Pourquoi la sévérité s'améliore-t-elle après un transfert de flore intestinale, sans que la flore fécale change de façon mesurable ?
Peut-on trouver une définition de cas qui mesure la même chose d'une équipe et d'un pays à l'autre ?
Questions fréquentes
Pourquoi mon cheval a-t-il de l'eau fécale ?
Il n'existe à ce jour aucune réponse établie. Deux explications surtout ont été mises à l'épreuve. Cinq études cas-témoins ont comparé la flore fécale de chevaux atteints à celle de compagnons d'écurie indemnes : quatre n'ont trouvé aucune différence notable, une en a trouvé une, avec des tailles d'effet que ses auteurs qualifient eux-mêmes de modestes. Une étude de l'alimentation et de la détention sur 50 paires a trouvé de petits écarts d'aliment concentré, que ses auteurs se gardent expressément de désigner comme des causes. La composition chimique des crottins et la longueur des fibres n'ont pas non plus séparé de façon fiable les chevaux atteints des chevaux indemnes. L'état honnête de la question est celui-ci : plusieurs explications plausibles, aucune confirmée.
Qu'est-ce qui aide contre l'eau fécale ?
Aucun produit et aucun schéma d'alimentation n'a montré d'effet chez des chevaux atteints dans une étude contrôlée, parce que de telles études n'existent pas. Une préparation à base d'argiles n'a modifié, dans un essai croisé sur huit chevaux sains, aucun des douze paramètres fécaux mesurés. Après un transfert de flore intestinale chez dix chevaux atteints, la sévérité a baissé jusqu'au 168e jour, mais sans groupe de comparaison et sans modification de la flore fécale, ce qui s'accorde aussi avec les hauts et les bas naturels du symptôme. Pour les probiotiques, aucune étude ne porte sur l'eau fécale. Ce qui est judicieux dans un cas donné relève de l'appréciation vétérinaire.
L'eau fécale est-elle dangereuse pour mon cheval ?
Les données disponibles ne permettent aucune affirmation claire. Dans l'étude américaine, les chevaux atteints étaient par ailleurs considérés comme sains à l'examen clinique, et les chevaux présentant une diarrhée durable ont été explicitement exclus. Dans l'enquête portant sur 339 chevaux, 23 pour cent avaient cependant des antécédents de colique, une proportion que les auteurs jugent élevée au regard d'autres populations de chevaux publiées ; savoir si un lien existe ou si c'est l'autosélection d'une enquête en ligne qui parle reste ouvert. L'irritation de la peau de l'arrière-main et de la queue est régulièrement décrite. Une perte de poids, de la fièvre ou des signes de colique relèvent toujours de l'examen vétérinaire.
L'eau fécale est-elle plus fréquente en hiver ?
Personne n'a jamais mesuré si elle survient plus souvent en hiver. Ce qui a été mesuré est autre chose, et c'est instructif : dans le travail suédo-norvégien, avec trois périodes de prélèvement de l'automne à la fin de l'hiver, la flore fécale de tous les chevaux se modifiait nettement avec le moment, chez les chevaux atteints comme chez les indemnes. Cet effet du temps était plus net que toute différence entre les groupes. Dans le travail suisse, en revanche, le printemps et l'automne ne différaient pas. Qui perçoit davantage d'eau fécale en hiver observe de surcroît dans d'autres conditions : plus de temps à l'écurie, plus de temps auprès du cheval et du fourrage conservé au lieu du pâturage.
Dois-je passer de l'ensilage au foin ?
Les données disponibles ne permettent pas de répondre à cette question. Dans l'enquête portant sur 339 chevaux, 58 pour cent des détenteurs ont rapporté moins de signes après le passage de l'ensilage préfané au foin, et 46 pour cent après la mise à l'herbe. Ce sont des impressions, sans groupe de comparaison et sans mesure, recueillies pour un symptôme qui fluctue de toute façon. Le troisième chiffre de la même enquête mérite l'attention : 17 pour cent ont vu une amélioration après un simple changement de lot du même type de fourrage. Cela s'accorde mal avec une cause unique tenant au mode de conservation. Un changement de fourrage concerne en outre tout le tube digestif et mérite d'être discuté.
Un probiotique apporte-t-il quelque chose ?
Pour l'eau fécale, il n'existe pas la moindre étude. Une revue de 2018 relève pour le cheval en général qu'un bénéfice n'est pour l'heure pas étayé, que les études bien construites sont rares et contradictoires, et que les étiquettes des produits en vente libre reflètent souvent mal le contenu réel. Dans un essai de terrain randomisé sur 38 poulains nouveau-nés, une préparation multisouche n'a même pas augmenté la part des lactobacilles dans les crottins. Une étude randomisée plus ancienne sur 14 chevaux atteints d'entérocolite aiguë a montré, sous une levure, une évolution plus légère et plus courte : un autre tableau clinique, et jamais reproduit sur cette question.
Sources
Schoster A, Weese JS, Gerber V, Nicole Graubner C. Dysbiosis is not present in horses with fecal water syndrome when compared to controls in spring and autumn. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2020 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.1111/jvim.15778 Chez 16 chevaux atteints et 15 chevaux de comparaison hébergés dans la même écurie, prélevés au printemps et en automne, les différences du microbiote bactérien restaient limitées, indépendamment de la saison, et le rôle du microbiote dans l'apparition du trouble reste ouvert selon les auteurs.
Lindroth KM, Dicksved J, Pelve E, Båverud V. Faecal bacterial composition in horses with and without free faecal liquid: a case control study. Scientific Reports, 2021 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.1038/s41598-021-83897-4 Sur 50 paires et trois périodes de prélèvement, la composition bactérienne des crottins était comparable entre chevaux atteints et chevaux indemnes, avec un effet marqué du moment, et les auteurs relèvent que la portée clinique des 14 genres d'abondance différente reste à démontrer.
Laustsen L, Edwards JE, Hermes GDA, Lúthersson N. Free Faecal Water: Analysis of Horse Faecal Microbiota and the Impact of Faecal Microbial Transplantation on Symptom Severity. Animals, 2021 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.3390/ani11102776 Dix chevaux atteints ne se distinguaient pas de dix chevaux de comparaison par le microbiote fécal, et après un transfert de flore intestinale la sévérité a temporairement baissé jusqu'au 168e jour, sans que le microbiote se modifie ; les auteurs réclament des études avec groupes témoins.
Wester RJ, Baillie LL, McCarthy GC, Keever CC. Dysbiosis not observed in Canadian horse with free fecal liquid (FFL) using 16S rRNA sequencing. Scientific Reports, 2024 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.1038/s41598-024-63868-1 Chez 14 chevaux atteints et 11 chevaux sains des mêmes écuries, aucune différence notable de la flore fécale n'a été trouvée, ce qui plaide selon les auteurs contre un lien entre dysbiose et eau fécale ; ils relèvent en même temps que les trois travaux européens antérieurs se contredisaient.
Porter MM, Davis DJ, McAdams ZL, Townsend KS. Alterations in the Microbiome of Horses Affected with Fecal Water Syndrome. Veterinary Sciences, 2025 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.3390/vetsci12080724 Chez 32 chevaux atteints et 51 chevaux indemnes, la structure de la communauté bactérienne différait, avec entre autres un enrichissement en Alloprevotella chez les atteints ; les auteurs qualifient eux-mêmes les tailles d'effet de modestes et réclament des effectifs plus importants.
Lindroth KM, Lindberg JE, Johansen A, Müller CE. Feeding and Management of Horses with and without Free Faecal Liquid: A Case-Control Study. Animals, 2021 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.3390/ani11092552 Dans 50 paires appariées par exploitation, les chevaux atteints recevaient autant d'ensilage préfané et vivaient dans les mêmes conditions, mais recevaient deux fois plus d'aliment concentré par 100 kilogrammes ainsi que plus d'amidon et moins de fibres ; les auteurs qualifient ces écarts de faibles et les présentent comme des pistes pour d'autres études.
Lindroth KM, Dicksved J, Vervuert I, Müller CE. Chemical composition and physical characteristics of faeces in horses with and without free faecal liquid - two case-control studies. BMC Veterinary Research, 2022 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.1186/s12917-021-03096-1 Les acides gras à chaîne courte, le pH et l'osmolalité étaient comparables entre chevaux atteints et chevaux indemnes, ce qui suggère une fermentation se déroulant de façon semblable ; un acide lactique et une capacité de rétention d'eau plus faibles n'apparaissaient que dans la sous-étude scandinave, alors que dans la sous-étude allemande de 32 paires aucune grandeur ne s'écartait.
Lindroth KM, Johansen A, Båverud V, Dicksved J. Differential Defecation of Solid and Liquid Phases in Horses-A Descriptive Survey. Animals, 2020 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.3390/ani10010076 Dans une enquête portant sur 339 chevaux atteints, les races, les âges, la détention et l'alimentation étaient largement dispersés, 58 pour cent des détenteurs ont rapporté moins de signes après le passage de l'ensilage préfané au foin, et les auteurs concluent que la stratégie d'alimentation ne peut pas expliquer à elle seule la survenue.
Altermatt N, Dolf G, Ramseyer A, Burger D. [Prevalence of health problems in midlife Swiss warm-blooded horses]. Schweizer Archiv fur Tierheilkunde, 2021 (Étude transversale | Cheval)DOI 10.17236/sat00301 Dans une enquête téléphonique portant sur 1'861 chevaux demi-sang suisses âgés de six à seize ans, les détenteurs ont mentionné l'eau fécale chez 9 pour cent des animaux, derrière les boiteries à 34, les coliques à 22 et les problèmes de dos à 13 pour cent.
Gerstner K, Liesegang A. Effect of a montmorillonite-bentonite-based product on faecal parameters of horses. Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition, 2018 (Essai contrôlé | Cheval)DOI 10.1111/jpn.12888 Dans un essai croisé complet sur huit chevaux sains, une préparation à base d'argiles n'a modifié aucun des paramètres fécaux mesurés, et les auteurs soulignent eux-mêmes que ces animaux n'avaient pas de trouble digestif et que des essais chez des chevaux réellement atteints sont nécessaires.
Cavallini D, Penazzi L, Valle E, Raspa F. When Changing the Hay Makes a Difference: A Series of Case Reports. Journal of Equine Veterinary Science, 2022 (Série de cas | Cheval)DOI 10.1016/j.jevs.2022.103940 Dans une série de trois cas isolés, un cheval avec de l'eau fécale s'est amélioré après un changement de foin, et les auteurs relèvent expressément que la cause du syndrome demeure inconnue et que la qualité du foin semble seulement jouer un rôle.
Smith MZ, York M, Townsend KS, Martin LM. Effects of orally administered clioquinol on the fecal microbiome of horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2025 (Étude de cohorte | Cheval)DOI 10.1111/jvim.17276 Chez huit chevaux sains, le clioquinol a agi largement contre les bactéries au lieu de viser les protozoaires, avec un recul de 90 pour cent de la diversité des espèces au cinquième jour, l'expansion de familles anaérobies facultatives et la mise en évidence de salmonelles dans les crottins de plusieurs animaux ; les auteurs appellent à la retenue.
Tuniyazi M, Wang W, Zhang N. A Systematic Review of Current Applications of Fecal Microbiota Transplantation in Horses. Veterinary Sciences, 2023 (Revue systématique | Cheval)DOI 10.3390/vetsci10040290 De l'ensemble de la littérature ne subsistaient que sept études, dont les auteurs jugent la qualité globalement insuffisante, avec de faibles effectifs, l'absence de groupes témoins et aucune indication solide sur le choix du donneur, la quantité et le protocole.
Bell J, Radial SL, Cuming RS, Trope G. Effects of fecal microbiota transplantation on clinical outcomes and fecal microbiota of foals with diarrhea. Journal of Veterinary Internal Medicine, 2024 (Essai randomisé | Cheval)DOI 10.1111/jvim.17185 Chez 25 poulains atteints de diarrhée, le transfert de flore intestinale a semblé sûr, mais n'a modifié ni la survie ni la disparition de la diarrhée ; trois poulains initialement affectés au groupe témoin ont été basculés en cours de route dans le traitement, ce qui affaiblit la comparaison randomisée.
Schoster A, Guardabassi L, Staempfli HR, Abrahams M. The longitudinal effect of a multi-strain probiotic on the intestinal bacterial microbiota of neonatal foals. Equine Veterinary Journal, 2016 (Essai randomisé | Cheval)DOI 10.1111/evj.12524 Dans un essai de terrain randomisé sur 38 poulains nouveau-nés, les effets d'une préparation multisouche sur le microbiote sont restés limités, et la part des lactobacilles et des bifidobactéries n'a pas augmenté sous administration.
Desrochers AM, Dolente BA, Roy MF, Boston R. Efficacy of Saccharomyces boulardii for treatment of horses with acute enterocolitis. Journal of the American Veterinary Medical Association, 2005 (Essai randomisé | Cheval)DOI 10.2460/javma.2005.227.954 Chez 14 chevaux atteints d'entérocolite aiguë, la gravité et la durée de la maladie ont été plus légères et plus courtes sous administration d'une levure que sous placebo, la levure traversant le tube digestif sans le coloniser durablement.
Schoster A. Probiotic Use in Equine Gastrointestinal Disease. Veterinary Clinics of North America: Equine Practice, 2018 (Autre | Cheval)DOI 10.1016/j.cveq.2017.11.004 Cette revue relève qu'un bénéfice général des probiotiques chez le cheval n'est pour l'heure pas étayé par les données, que les études bien construites sont rares et contradictoires et que les étiquettes des produits en vente libre reflètent souvent mal le contenu réel.
Muhonen S, Julliand V. Fibre Composition and Maturity of Forage-Based Diets Affects the Fluid Balance, Faecal Water-Holding Capacity and Microbial Ecosystem in French Trotters. Animals, 2023 (Essai contrôlé | Cheval)DOI 10.3390/ani13030328 Chez six trotteurs entraînés sans eau fécale, un fourrage de base récolté tôt a augmenté la capacité de rétention d'eau des crottins et déplacé l'excrétion d'eau des crottins vers l'urine, sans modifier l'ingestion totale d'eau ni le poids corporel.
Müller CE. Dry matter concentration, particle size distribution and sand presence in faeces from horses with and without colic. Journal of Equine Veterinary Science, 2024 (Étude cas-témoins | Cheval)DOI 10.1016/j.jevs.2024.105126 Chez 74 chevaux coliqueux et 74 chevaux de comparaison, la matière sèche, la distribution de la taille des particules et le score de sable des crottins étaient comparables, ce qui met en question la valeur du test au sable dans cette population ; ce travail étudie la colique et non l'eau fécale.
Boucher L, Leduc L, Leclère M, Costa MC. Current Understanding of Equine Gut Dysbiosis and Microbiota Manipulation Techniques: Comparison with Current Knowledge in Other Species. Animals, 2024 (Autre | Cheval)DOI 10.3390/ani14050758 Cette revue relève que la forte variation du microbiote fécal, à l'intérieur d'un même cheval comme entre chevaux, a empêché jusqu'à ce jour une définition claire de la dysbiose et qu'aucune maladie du cheval n'a montré de lien causal univoque avec une dysbiose.
ForschungPferd (2026). Eau fécale chez le cheval : quelles causes ont été étudiées et lesquelles ne se sont pas confirmées. ForschungPferd, Français. https://forschungpferd.ch/fr/microbiome/eau-fecale-cheval-causes-etudes/